Swiss knifeL’ambiguïté dans la relation à l’interface

Certains signaux échangés avec une interface sont univoques : un bouton Marche/Arrêt avec deux positions, Marche et Arrêt, n’admet qu’une unique interprétation, sa position correspond à l’état de l’appareil. Un bouton Marche/Arrêt dont la position reste la même quelque soit l’état de l’appareil comporte cependant déjà une ambiguïté : son action dépend de l’état actuel du système.

La multiplication des fonctions disponibles sur une interface et les limites en termes d’encombrement (physique ou visuel) conduisent les concepteurs d’interface à multiplier les significations associées à une même action. Il est alors nécessaire de lever l’ambiguïté qui en est issue lors de l’interaction avec l’utilisateur.

 

Désambiguätion contextuelle

Le contexte dans lequel a lieu l’interaction peut définir de manière univoque le sens d’une action. Ainsi dans le cas du bouton Marche/Arrêt, le résultat de son actionnement dépend de l’état du matériel mais celui-ci étant donné il n’existe plus d’ambiguïté. De même dans le cas d’un téléphone mobile, on retrouve généralement deux boutons en haut du clavier à gauche et à droite dont les commandes correspondantes varient suivant les écrans (« Ecran précédent/Sélection », « Quitter/Capturer l’image », ou « Ecran précédent/Envoyer à »).

Dans ce dernier cas, les commandes associées aux deux boutons doivent être affichée afin de permettre à l’utilisateur de bien comprendre le résultat à attendre de son action. La désambiguätion contextuelle a l’avantage d’être efficace mais consomme donc de l’affichage, et se trouve donc limitée par la disponibilité de celui-ci. Le succès de l’écran tactile s’explique ainsi au moins partiellement par la possibilité de reconfigurer les commandes. Une autre solution explorée est l’utilisation de clavier dont les touches sont recouvertes de petits écrans.

 

Désambiguätion par actions multiples

Lorsque le contexte ne permet pas de définir de manière univoque le résultat associé à une action, une série d’actions concomitantes ou successives peut permettre de lever l’ambiguïté. Voici deux exemples :

Clavier à accord : ces claviers composés d’un nombre restreint de touches permettent les mêmes entrées de données qu’un clavier où chaque touche correspond à un unique caractère par l’actionnement de plusieurs touches simultanément. Un ensemble de touches forme un « accord » auquel est associé un unique caractère. C’est l’extension à l’ensemble des caractères du « raccourci-clavier ». Les combinaisons Alt+Maj+… utilisent le même principe.

Menus : le click droit permet généralement la réalisation de plusieurs actions. La levée de l’ambiguïté se fait par un click gauche sur l’élément du menu désiré. Les menus d’une manière plus générale permettent de réduire l’encombrement visuel mais ne sont pas sans défaut comme nous le verrons dans un prochain billet.