Il fut relevé dans un billet précédent que le volume et le type de « meta-données » transmises diffèrent suivant le mode de communication utilisé. Les meta-données sont entendues comme des éléments sur l’état de la personne ou de son environnement qui viennent augmenter le message transmis. En voici quelques exemples :

  • Téléphone : une communication téléphonique fournit au travers des intonations, des hésitations des informations sur les intentions de l’interlocuteur. Les bruits environnants informent sur sa localisation, sur son activité ou sur la présence d’autres personnes à proximité

  • IM : l’utilisation d’une messagerie instantanée témoigne d’une relative disponibilité à l’instant présent

  • email : par son heure d’envoi il fournit des indices sur l’emploi du temps de l’émetteur

  • Post-it sur le frigo : il ne fournit aucune meta-donnée

La richesse d’une communication, i.e. le volume de meta-données dont elle s’accompagne, parait d’autant plus nécessaire que le sujet abordé est complexe ou qu’il fait appel à l’affect. Mais pour des interactions simples cette richesse est inutile, voire encombrante. Pour les individus maitrisant les différents modes de communication, il y a une tendance à mettre en concordance la quantité de meta-données transmises, et donc le mode de communication, avec l’interaction envisagée.

Une inadéquation entre le choix du mode de communication et l’interaction peut amener à considérer cette communication comme intrusive ou obstructive. Ainsi le comportement d’un ami qui vous téléphonerait pour vous informer de ses faits et gestes serait qualifié d’intrusif, alors que l’utilisation de Twitter ne l’est pas. Inversement un médecin qui annoncerait la mort d’un patient à sa famille par SMS, ou une rupture amoureuse par email sont des comportement obstructifs : l’absence de meta-données introduit une distance qui fait obstruction à l’émotionnel. Ces comportements peuvent être délibérés et leur intensité est une intensité « perçue » (tout le monde n’interprète pas de tels comportements de la même manière).

L’individualisation de la société devrait conduire à la maitrise et à l’usage réfléchi des différents modes de communication. Chacun devient plus jaloux de la protection de sa sphère privative. Le mouvement vers l’OpenID témoigne de cette évolution pour ce qui est des données personnelles. On peut s’attendre à ce qu’il en aille de même pour les meta-données.

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