Il existe d’important développements autour de technologies ou de services permettant de publier automatiquement nos meta-données. En voici quelques exemples :

  • Des opérateurs vous proposent de vous abonner à un service qui permet à vos contacts de connaitre à tout moment votre localisation.

  • Le phénomène de lifecast est encore peu répandu mais il suffit d’observer les gens qui passent plus de temps à prendre des photos qu’à vivre les moments qu’ils immortalisent pour se douter que la voie est toute tracée vers la diffusion en direct de toute ou partie de nos vies.

  • Enfin beaucoup d’efforts sont placés dans la mise à jour automatique de votre statut (comme dans les IM : ‘connecté’, ‘occupé’, ‘parti manger’,…) ou simplement la mise à disposition d’informations pertinentes permettant à vos interlocuteurs de décider s’il est opportun d’essayer de vous joindre et quel est le mode qui serait le plus approprié.

Seulement il se développe un sentiment qui n’avait pas lieu d’être lorsque la majorité des conversations avaient lieu en face-à-face, à savoir un sentiment de propriété de nos meta-données. L’idée que nous sommes disposés à systématiquement les mettre à disposition de nos interlocuteurs afin d’enrichir la communication me parait totalement erronée.

Cet excellent article de Fabien Girardin relève que l’automatisation de la publication de ces meta-données ne concrétise pas une intention de communication. En premier lieu, cette absence d’intention peut conduire à des incompréhensions : un message que l’émetteur n’a pas intentionnellement émis peut véhiculer une information incomplète ou non significative puisque l’émetteur n’en a pas conçu le contenu. D’autre part l’émetteur peut se sentir déposséder de son pouvoir de décision : la capacité à taire une information ou à tricher/mentir est consubstancielle à la conversation, et peu seront prêt à l’abandonner au bénéfice d’une telle automatisation.

Le choix d’un mode de communication et d’y adjoindre des meta-données supplémentaires (smileys, géolocalisation ou autres) permettent de moduler la richesse des messages envoyés. A l’opposé d’une divulgation automatique de meta-données qui dévoilerait de manière incontrôlée notre intimité, je pense que les différentes possibilités de communication sont complémentaires et sont amenées à s’inscrire dans une stratégie (consciente ou non) de communication. Comme ce billet en apportait l’illustration, la perception du caractère intrusif ou obstructif d’une attitude de communication est directement liée au degré d’ouverture de notre sphère privative que nous associons à un interlocuteur particulier.

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