Pierre Chappaz et Cathy Nivez ont récemment lancé sur leur blog Kelblog.com un appel à projet dont le meilleur recevra leur soutient. La présentation devait se faire sous la forme d’une vidéo de 2 minutes. Ayant une idée qui me trotte dans la tête depuis quelques semaines, j’en ai profité pour l’exposer et éventuellement recueillir quelques avis. Avant de formuler plusieurs remarques, voici la séquence que j’ai soumise :

Devant le nombre de candidats, les organisateurs ne présentent pour l’instant que les vidéos les plus abouties sur leur site. La mienne ne figure pas parmi celles-ci à ce jour, peut-être sera-ce le cas dans les jours à venir… Le visionnage des projets jusqu’ici publiés me permet cependant déjà de tirer quelques enseignements :

  • Ces vidéos insistent en premier lieu sur la valeur apportée à l’usager du service envisagée, quitte à passer sous silence le modèle économique et à renvoyer vers un site de référence pour en apprendre davantage. Bien que j’aie moi-même cherché à faire apparaitre le bénéfice offert à l’utilisateur, il eût peut-être fallu qu’il ressorte davantage.

  • Les projets présentés en sont généralement au stade de la (pré-)commercialisation. Le service, à défaut d’être publiquement disponible, dispose déjà d’une implémentation au travers d’un site, d’une version en beta en test privé,… Il ne s’agit pour ma part que d’une idée formalisée.

  • Les vidéos des projets présentés mettent en scène leurs concepteurs, avec pour les meilleures un enrichissement à l’aide d’effets et d’incrustation. Le côté Powerpoint de la mienne n’est certainement pas très sexy en comparaison. Ce fut cependant un choix délibéré permettant de présenter, en respectant la contrainte des 2 minutes, tant le fonctionnement du service que le business model.

Enfin je souhaiterais apporter une précision sur un point que le temps imposé ne permettait pas d’aborder : celui de la privacy, c’est-à-dire l’utilisation de données sur le consommateur. L’exemple des développements récents de Facebook dans le marketing ciblé ou ceux plus anciens de régies publicitaires telles que Tacoda dans le tracking de l’activité des internautes à leur insu tendent à susciter une légitime défiance envers tout système qui se servirait d’historique (d’achats, de consultation,…) nous concernant pour adapter les publicités auxquelles nous sommes exposé.

Je ne suis moi-même pas très prompt à fournir mes données personnelles et un article comme celui autour de l’OpenID témoigne de mes préoccupations sur le sujet. Dans la représentation que je me fais d’un service tel que Hestia, l’utilisateur doit non seulement être volontaire (opt in) pour faire l’objet d’un suivi, mais il doit aussi avoir la capacité de définir la granularité du profil qui lui est associé. La segmentation envisagée par le site MySpace comptera à terme un millier de catégories. L’utilisateur devrait pouvoir choisir s’il sera ciblé à cette finesse ou s’il préfère que lui soit associé un profil plus grossier.

Enfin je pense qu’une véritable contrepartie doit être accordée à l’utilisateur pour la fourniture de ses données. Hestia offre cette contrepartie sous forme de réduction sur les produits consommés. Le client n’est pas seulement proie, il peut lui-même avoir un comportement prédateur en adoptant une attitude opportuniste qui l’amène à faire évoluer sa consommation au gré des promotions qui lui sont offertes.