décembre 2007


Je vous livre ci-dessous un commentaire que j’ai laissé sur InternetActu. J’espère qu’il vous donnera envie d’aller consulter l’article original de Hubert Guillaud qui traité de l’acceptabilité de la vidéo, de ses usages, de son futur… Des sujets que j’ai abordés récemment et qui trouvent là un exemple pour les illustrer.

Comme le note Annie Gentès le rapport de la webcam à l’identité se situe sur un continuum dont les extrémités sont d’une part le marqueur pur et simple qu’est l’image (comme le nom, la voix,…) et d’autre part le vecteur de meta-données (expression faciale, indications sur l’environnement,…) qui enrichissent le message transmis. L’utilisation de webcam de ville filmant le lieu de vie d’un correspondant correspond exactement à une opération d’enrichissement de la communication avec des données contextuelles. Les projets Open Display et Instant Video Messenger relèvent de la même logique.

La vidéo nous font remarquer les auteurs est un usage qui n’a pas encore trouvé ses pratiques. Le plus compliqué me semble-t-il avec la vidéo est de faire émerger des expériences partagées : une communication implique la réciprocité, il faut donc que l’utilisation de la vidéo résulte d’une volonté commune a priori et implicite. Comme il est noté dans l’article, le refus explicite d’utilisation de la vidéo par l’un des interlocuteurs envoie un signal.

Cette difficulté à s’accorder sur l’utilisation de la vidéo est lié à l’importante quantité de meta-données que celle-ci convoie. Une communication « riche » crée, comme je le fais remarquer dans un billet « Choix social d’un mode de communication », des obligations sociales (du fait de convention de politesse qui s’appliquent là où elles n’ont pas lieu d’être dans une communication plus « pauvre »). Il peut en résulter un sentiment d’intrusivité ou d’obstructivité.

La vidéo est donc une modalité possèdant une expressivité très forte, elle est donc difficile à utiliser dans une stratégie sociale de communication. On peut cependant s’attendre à ce que de nouvelles conventions se créent autour de son usage, à ce qu’elle trouve sa place au milieu des autres modes de communication pour servir des pratiques/expériences particulières.

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Mardi dernier se tenait un atelier du programme d’action Identités Actives de la FING. Avant de livrer mes impressions personnelles, quelques points qui m’ont interpelé, et sur lesquels j’essaierai de revenir plus tard :

  • L’un des premiers rôles de l’identification est de permettre l’autorisation : l’autorisation consiste à établir qu’un individu est en droit de réaliser une action particulière. Votre permis B permet d’établir que vous êtes en droit de conduire une voiture, mais l’autorisation est soumise à votre authentification, c’est-à-dire à la vérification que vous êtes bien celui que votre permis dit que vous êtes. Cette authentification se fait par comparaison des informations personnelles portées sur votre permis avec celles enregistrées à la préfecture. Votre identité n’a pas ici de valeur en elle-même mais par les droits qu’elle vous permet de prouver. Inversement il existe des systèmes d’autorisation qui ne sont pas basés sur une identification : le ticket de métro par exemple.

  • On utilise beaucoup le terme de privacy pour définir tout ce qui est de nature privée, c’es-à-dire ce qui n’a pas vocation à être librement accessible. On devrait pouvoir trouver une traduction honnête. J’avais pensé à privauté jusqu’à ce que je me renseigne sur son sens premier. Ce mot n’étant plus d’usage courant il pourrait être envisagé de le recycler. Après tout le vocabulaire est fait pour vivre… Faudra que je me renseigne auprès des quebecquois, ils sont toujours très prompts à trouver des francisations.

  • A propos de privacy, prenons l’exemple du dossier médical. Votre identité est publique (accessible dans l’annuaire et sur votre sonnette de palier, et en bien d’autres lieux…). Et si on vous demandait de rendre accessible votre dossier médical de manière anonyme à une université pour des recherches, la majorité d’entre vous accepterait. Ce ne sont donc ni votre identité ni votre dossier médical que vous souhaiter protéger mais le lien entre les deux.

  • Il existe différentes démarches visant à la protection de l’identité. 3 reçoivent particulièrement plus d’attention : Cardspace de Microsoft, LibertyAlliance et OpenID. Et bien que je ne puisse/veuille m’attarder sur le pourquoi maintenant, on peut dire qu’elles représentent trois conceptions parfois très différentes des mécanismes à mettre en place pour permettre à l’individu de maitriser son identité.

  • La fédération d’identité ne se limite pas au SSO (Single Sign On) qui permet de stocker en un lieu unique l’ensemble des sites auxquels on est inscrit. La fédération d’identité s’intéresse aussi à la gestion des attributs de l’identité et comment ils sont communiqués d’un service à un autre de manière à ce que l’utilisateur puisse obtenir une expérience personnalisée et intégrée tout en restant en contrôle de quel service accède à quelle information.

En ce qui concerne mes impressions : j’étais probablement un peu en décalage par rapport à une partie de l’assistance dont le quotidien est fait de ces questions d’identité. Mais je pense ne pas avoir été le seul à « regretter » les débats très techniques autour des protocoles utilisés et de ce type de problématiques très « bas niveau ».

On a aussi assisté à une bataille de clochers qui a permis de bien comprendre que les trois approches (Liberty, OpenID, Cardspace) étaient différentes sans pour autant réussir à prendre de la hauteur pour mieux définir les enjeux de ces différences.

La conclusion à l’atelier, qui me parait pétrie de bon sens, est qu’il existe différents usages de l’identité. Il faut les lister et les catégoriser en fonction de différents critères à définir tels que la criticité (s’identifier pour accéder à un blog ou à son dossier médical n’ont pas les mêmes implications), fréquence (pour un héritage il faut établir son identité mais cela se produit rarement contrairement à l’accès à son lieu de travail), parties intéressées (banques, entreprises, collectivité territoriales, état,…), les bénéfices attendus pour chacune d’elles…

Au final une séance très instructive pour moi mais certainement un peu frustrante pour les personnes plus averties…

Remarques extérieures et réflexions propres m’amènent à revoir l’articulation entre ces différentes notions. Afin de gagner en clarté, un beau schéma valant mieux qu’un long discours, je reprends un exemple simple que je développe dans le tableau de la première figure.

Dans cet exemple est décomposée l’expérience d’un couple habitant une ville de province désirant se rendre à Paris pour y voir un opéra. Ils ne possèdent pas de voiture. Dans la décomposition, l’ensemble des branches ne sont pas détaillées. A chaque étape, l’option qui fait l’objet d’une étude approfondie est distinguée.

Expérience, pratiques, usages 1

Dans le repère utilisé ci-dessus on peut placer les notions d’expérience, de pratique et d’usage :

Expérience, pratiques, usages 2

J’y ai ajouté la notion d’interaction, puisqu’arrivé à un certain niveau de détail la notion d’usage perd de sa pertinence.

Comme annoncé dans le post précédent, la discussion avec Eric Dos Santos m’a conduit à vouloir clarifier les articulations entre les notions d’expérience, de pratique, et d’usage.

L’expérience intègre une notion de finalité, elle est le pourquoi. La pratique est la plus petite subdivision de l’expérience, elle est le quoi. L’usage est la modalité de la pratique, il a une valeur instrumentale, il est le comment.

Dans cette définition expérience et pratique sont de même nature : elles ne se distinguent que par leur granularité. Elles peuvent, l’une comme l’autre, être ramenées à un verbe, elles sont toutes deux un quoi. Cependant, l’expérience, par sa nature plus englobante, intègre une notion de finalité : le pour s’ajoute au quoi.

L’usage est une modalité de la pratique : il précise le choix du moyen par lequel le quoi de la pratique est réalisé. Prenons la pratique : « dire à sa femme qu’on l’aime », les usages correspondants sont les différents modes de communication (téléphone, email,…).

Une pratique est la plus petite subdivision de l’expérience en ce qu’elle ne peut pas être elle-même subdivisée sans avoir à préciser l’usage choisi. En reprenant l’exemple précédent : que doit-on faire pour dire à sa femme qu’on l’aime ? Il faut décrocher le téléphone, numéroter… ou alors allumer son ordinateur, ouvrir sa messagerie,… Ces subdivisions impliquent un usage particulier.

Avec Eric nous avons évoqué le cas des locations de voitures. Le propos était qu’on ne loue pas une voiture pour faire des km. Cette location s’intègre dans une expérience comme par exemple se rendre à un mariage. Soit l’expérience « Participer au mariage de ma cousine », elle se décompose en de nombreuses activités, sous-activités, et finalement pratiques. Retenons en deux : « s’habiller » et « se rendre au mariage ». Les usages correspondant à ces pratiques sont d’une part « utiliser mon vieux costume », « emprunter un costume », « louer un costume », et d’autre part (en partant du principe qu’on n’a pas de voiture) « louer une voiture », « utiliser les transports en commun », « se faire emmener », « prendre le vélo »…

Il en découle quelques remarques :

  • Il existe un écho croissant pour ce qui concerne le design d’expérience, mais beaucoup de travail reste à faire. Pour les loueurs de voiture, on les voit monter des partenariats avec des voyagistes qui eux-mêmes essaient non plus de vendre un produit mais un service de construction d’expériences personnalisées de voyage. Une ressource importante sur le sujet est le blog édité par la société italienne Experientia : Putting People First.

  • Sortir les yeux de son usage propre (la location de voiture par exemple) permet d’identifier les autres usages correspondant à une même pratique et par là-même des concurrents (le plus gros concurrent d’Air France n’est pas Lufthansa mais la SNCF).

  • Mener une réflexion au niveau de l’expérience permet non seulement de proposer à ses clients des produits/services qui les satisfont mieux, mais aussi d’identifier des opportunités de partenariat, d’identifier les risques d’extension de sociétés d’une pratique bien particulière vers d’autres pratiques ou vers des expériences dans leur ensemble. L’exemple de l’IPhone est symptomatique : Apple a pris possession d’une bonne partie des revenus liés aux services mobiles qui étaient alors le pré carré des opérateurs.

Lundi soir se tenait la 4e édition de Youlbiz Paris. Ci-dessous quelques remarques à propos des personnes rencontrées et des discussions auxquelles j’ai pris part :

 

Patrick Barrabé : l’échange a porté sur l’identité numérique. Patrick articule sa réflexion autour des axes public/privé et personnel/professionnel et des combinaisons entre ces deux axes. Cela me semble se rapprocher de la vision exposée par Olivier Zara. Pour ma part, je pencherais (comme exposé dans un commentaire au billet d’Olivier Zara) pour une représentation plus protéiforme de l’identité. Pour reprendre les termes utilisés dans un billet précédent, je dirais que l’identité est constituée de marqueurs et de traces. L’enjeu de la gestion de l’identité (pas seulement numérique) est de contrôler l’accès qu’a chaque interlocuteur à ces marqueurs (noms, adresses diverses,…) et par conséquent aux traces auxquelles ils donnent accès.

 

Eric Dos Santos : Chief Sales de feedback2.0. Il a été question de l’articulation entre expérience, pratiques et usages. J’avais, dans un ancien bille, posé la distinction suivante entre pratique et usage : « la pratique désigne le quoi, c’est-à-dire un comportement ayant une finalité, alors que l’usage se rapporte au comment et a donc une valeur instrumentale ». Le prochain billet aura pour objet de mieux définir cette articulation en l’intégrant avec la notion d’expérience au travers d’un exemple abordé au cours de la discussion : la location d’une voiture pour se rendre à un évènement.

 

Christian Joyal : de Inpowr. Inpowr est une plateforme d’empowerment : elle donne à l’utilisateur le pouvoir, en lui fournissant des ressources sociales, documentaires,… de changer ce qui ne lui convient pas dans sa vie. La démarche s’articule autour d’un questionnaire qui permet de déterminer les points qui affectent le bien-être de l’utilisateur, d’une mise en relation avec une communauté et/ou de professionnels qui peuvent aider l’utilisateur à se fixer des objectifs et l’encourager dans sa démarche, et enfin d’un suivi qui permet de mesurer les améliorations. J’avais quelques réserves concernant l’aspect normatif que pourrait avoir cette approche, et concernant la fiabilité des résultats à des questionnaires dont les réponses sont affectées par la subjectivité et donc susceptibles de varier dans le temps pour de multiples raisons. Il m’est impossible de transcrire ici les réponses de Christian, mais il m’a convaincu du sérieux de la démarche, qui ne se résume pas à un coup marketing. A noter la mise en place d’un comité d’éthique. Enfin le modèle économique est basé sur un accès payant des professionnels (coach et autres) à la plateforme.

 

Antoine Grillon : de Coaliz. Il s’agit d’une plateforme de collaboration et de co-création pour les designers (Antoine je suis sûr que tu aurais plus à dire… en commentaires ?). Une des particularités de Coaliz est la dispersion géographique de son équipe : les deux co-fondateurs à Reims, le CTO à Budapest et une équipe de développement en Espagne.

 

Antoine Pic : chef de produit chez Viadeo. On attend visiblement avec un peu d’appréhension l’arrivée de LinkedIn en français. Viadeo cependant se distingue de LinkedIn en cherchant à apporter une cohérence géographique à ses utilisateurs : à l’exception de certains secteurs la majorité des affaires se font à un niveau relativement local (région, pays,…).

 

Philippe Palmieri : d’Univarts. Il s’agit d’une plateforme de services pour les artistes pour les aider à promouvoir et/ou à vendre leurs productions. Le site n’est pas terminé mais on peut imaginer une migration des programmes des salles de spectacles sur ce type de solution avec la possibilité d’ajouter des évènements à son agenda. L’aspect évènementiel me parait prometteur.

 

Simon Bardoux : stagiaire chez BNP-Paribas. Simon participe à l’intégration de solutions d’entreprise du type BlueKiwi.

Ce billet fait suite à un commentaire sur le blog Second Life Business de Stephan Bayle où j’exprimais mon désaccord avec la vision présentée par un White Paper d’Orange sur l’évolution des mondes digitaux :

« A terme, la jonction de ces mondes virtuels pourrait constituer le Metaverse, la représentation d’une plateforme Internet dans laquelle les interfaces utilisateurs 2D auront totalement laissé place à un système interactif en trois dimensions. »

Mon opposition tient d’une part à ce qu’une telle affirmation fait un amalgame entre deux notions : structure et dimension de l’espace, et d’autre part à ce que l’immersion n’est pas une réponse universelle.

Structure et dimension d’un espace

Pour reprendre la distinction évoquée par Richard Bartle et rapportée par Nicolas Nova, la structure d’un univers virtuel peut être de (au moins ?) deux types : contiguë ou continue.

Un univers contigu est un graphe où la navigation se fait de noeud en noeud en transitant pas les liens. Internet est l’exemple d’un monde contigu.

La dimension d’un espace a un sens lorsque celui-ci est continu. On peut ainsi donner quelques exemples : le jeu vidéo Zelda (comme bien d’autres) était à l’origine en 2D (vue du dessus ou vue en coupe). Un monde comme Habbo est dit 2,5D (vue isométrique) et Second Life est un monde en 3D. On a tendance à parler d’immersion quand il s’agit d’évoluer dans ces mondes continus en 3D.

Enfin pour pimenter un peu les choses, il est possible de remarquer qu’une page internet est actuellement en 2D. Elle constitue donc le noeud d’un monde contigu et dispose cependant d’une dimension.

C’est que chaque noeud contient des données à restituer à l’utilisateur qui évolue lui dans un espace continu (l’espace physique, réel). Ces données ne peuvent nous être rendues intelligibles que dans une représentation continue (de même les graphes ne nous sont accessibles qu’au travers de leurs représentations…). Il y a nestage d’un espace continu au sein du noeud d’un espace contigu.

Croquet est un exemple de monde contigu reliant des espaces continus en 3 dimensions. A plus court terme, on peut replacer les initiatives de Dassault Systèmes autour de 3DVia dans la perspectives de mixer 2D et 3D sur des sites internet « à l’ancienne ».

Limites de l’immersion

Lorqu’il est question de dimensionnalité d’un espace il convient donc de préciser s’il s’agit de la dimension de l’espace continu en question, ou s’il s’agit de la dimension des espace nestés dans l’espace contigu en question.

Enfin, je ne suis pas un pourfendeur de la 3D ou des mondes continus, mais l’aveuglement technophile que l’on peut trouver ici ou là nécessite d’affirmer une fois de plus qu’il n’y a pas d’interface universelle. Et que ce sont les pratiques qui, s’accompagnant de contextes physiques et cognitifs particuliers, font la pertinence de telle ou telle interface. Voici quelques exemples des limites de l’immersion :

  1. La puissance de l’hyperlien est reconnue. Il est consubstantiel aux mondes contigus.

  2. L’immersion est par définition une tâche de premier plan et convient donc mal pour tous les usages ayant tendance à se cumuler en arrière-plan (voir la présentation des travaux de Stefana Broadbent par Nicolas Nova).

  3. Si la 2D n’avait pas d’intérêt nos supports d’expression seraient tous en 3D, autrement dit nous serions tous sculpteurs.

  4. J’achète mes livres sur un libraire en ligne (en 2D) pour éviter la foule des centres commerciaux, pourquoi irai-je dans SL pour les acheter et être confronté aux mêmes problèmes que dans la réalité : trouver le livre (problème d’indexation) et y accéder (problème d’encombrement dû aux autres individus).

Il y a quelques temps je soumettais une vidéo au Kelblog startup elevator. L’idée de base est de permettre au consommateur de mieux gérer sa relation avec les distributeurs et annonceurs qui cherchent à lui vendre leur produit. Pour reprendre les termes de Doc Searls, il s’agit de VRM : Vendor Relationship Management.

Je n’envisage pas pour l’instant de porter le projet Hestia plus loin, mais j’ai découvert des initiatives qui vont dans le même sens. S’agirait-il de signaux faibles annonciateurs d’une tendance à venir plus marquée ?

  • Un billet Read/Write Web présente la société GroceryGuide.com qui récolte les promotions papiers, les numérise, les analyse et fournit l’information au consommateur. Hestia part d’un principe similaire dans la proposition de valeur pour l’utilisateur mais l’intègre dans un schéma plus vaste… (allez regarder la vidéo pour plus d’explications)

  • Mashabl.fr rapport le lancement par Amazon de « Subscribe & Save ». C’est une idée qui n’apparait pas dans la vidéo mais que je considère comme très puissante : la relation directe des marques avec leurs clients doit leur permettre de leur offrir des promotions d’un nouveau type. L’abonnement est un exemple que j’avais en tête… il y en a sûrement d’autres à inventer…

  • J’ai découvert la société Nooked.com qui fait du RSS sur des produits. Qui dit RSS, dit agrégateur… Il y a donc des entreprises qui commencent à parier sur l’apparition du VRM avec une approche user-centric.

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